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►Concours de poésie 2018 : Et les gagnants sont...


► Les amateurs récompensés

Pour cette 3e édition, les communes de Mareau-aux-Prés et de Cléry-Saint-André ont récompensé sept poèmes ... Découvrez ici les textes de la Catégorie Adulte, récompensés...

Vers Classiques

1er Prix - Louis Ramier-Beaumont pour son poème «REFLETS»

L’instant se fait plus doux au caressant chemin,

Quand s’offre l’échappée au regard qui festine.

Sous les hêtres si clairs qu’une mousse patine,

Il court de petits rus dans des lits brun carmin

Le spectacle surprend : hors d’un cadre commun,

La lueur vient vers nous, brillante, adamantine,

Éblouissant nos yeux de son feu qui s’obstine :

Fervent soleil au cœur, quels souvenirs, demain !

Mirage du PAVIN : l’ineffable cratère

Dans le bleu nuit des fonds s’entoure de mystère.

Vaguelettes, dansez d’illuminants ballets

Au soir, le vent se tait. La brume vespérale

Engloutit à jamais les fabuleux reflets,

En nimbant de son fard leur mouvance lustrale…

►2nd Prix - Céline Haglund pour son poème «L’AUTRE FEMME»

Elle a les ongles faits, même le dimanche!

Elle court et astique sa Range,

Si neuve qu’on pourrait manger dans le coffre

Envie d’un cadeau? Elle se l’offre

Ses enfants ont les souliers bien vernis

Mais tout ne leur est pas permis

Bébé ne va pas ramper dans le sable

Tu vas griffer ton beau cartable

Sur elle les années ont moins de prise

Elles passent juste comme la brise

À peine un frisson parcourant la mer

Elle n’a pas pris ces plis amers

Qu’on voit bien souvent aux esprits chagrins.

Mais elle n’a pas non plus ce grain

De celles qui rêvent trop, de celles qui s’égarent,

Ça illumine leur regard

Quand elles contemplent le vol du héron.

Et le vent caressant leur front

Vaut bien tous les tapis de cachemire

Où l’on a pas le droit de rire.

Vers libres

►1er Prix - Arlette Sellier pour son poème «ELEPHANT»

Sous le soleil flamboyant Le troupeau d'éléphants lentement s'achemine. Ils se dirigent tous vers le point d'eau Suivant leur instinct. Sur l'horizon, leur profil se dessine. Entre les pattes des femelles marchent les éléphanteaux, Contact maternel rassurant et protecteur. D'autres bruits, connus d'eux seuls s'entendent au loin là-bas. C'est la vie de la nuit toute entière Qui les enveloppe dans ses bras. La savane s'endort, le vent s'essouffle. La chaleur écrasante se dissipe, La clarté de la nuit tombe sur le paysage Inchangé depuis des âges. C'est l'heure du repos, de la chasse pour d'autres, Toujours la même quête pour perpétuer l'espèce. Ainsi vont les éléphants De leurs pas lents.

►2nd Prix - Claudine Canton pour son poème «SUPPLIQUE À UNE LECELLULE»

Petite Licellule, tu as profité de ma généreuse hospitalité

Pour t’installer, mettre le bazar chez moi, me chambouler

Invisible, silencieuse, lovée bien au chaud l’air de rien

Tu pourrais bien m’envahir, me déguster avec soin

Ton audacieuse présence révélée par d’experts faisceaux

Lumineux phares pointant ton mortifère radeau

Appelant à la rescousse le Capitaine-Scalpel dans ton repaire de pirates

Qui l’expulse et l’envoie vers le diagnostic de sa vigueur scélérate

Les Licellules habituellement sont délicates et merveilleuses

Dans le tremblement arc-en-ciel d’un ballet, si gracieuses

Peut-être mutante, tu es le mélange des couleurs, noire

Mettant en berne, parfois, le pavillon de l’espoir

L’âge, les saisons, tu te moques bien du calendrier

Désherbant à tout va, coupant l’herbe sous le pied

Gourmande te repaissant de follicules, surgit alors une casquette

Secrète créature qui inquiète et ne rend pas coquette

Un matin, le miroir dessine sans ruban un oeuf de Pâques

Chocolat fondu, drôle de flaque, ça rend patraque

Alors , petite Licellule, je t’en supplie !

Envole-toi, abandonne, déploie tes ailes d’ombre, prépare tes malles

Je te pardonne, mais mon cœur n’a pas fini et veut encore aller au bal

Je laisse derrière moi les écorchures, tu m’as appris tant de choses

Deviner au jardin, l’odeur des chèvrefeuilles, les paupières closes

A retenir mon souffle une nuit d’été, envoûtée par le ciel étoilé

Puis m’endormant dans la mousse pour m’éveiller trempée de rosée

A capturer à l‘aube le soleil, mes mains lui faisant une cage

Tu me dis de courir après le vent poussant les nuages

Quand j’avale leurs gouttes pour en faire un torrent

Tu me pousses chaque jour à goûter les douceurs du moment

Car, chère Licellule, par toi, je sais aujourd’hui

Que nous n’avons à nous que le temps de notre vie.


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